Manche. Damien, un bosseur qui décabosse en douceur

Il exerce un métier peu courant, celui de « débosseleur sans peinture ». Carrossier peintre de formation, il a choisi de soigner avec délicatesse les bobos de l’épiderme des voitures.

L’entreprise

Dans son fourgon blanc, Il sillonne le département, « surtout les secteurs de Coutances, de Saint-Lô et le Sud Manche ». Le trentenaire, qui habite Villedieu-les-Poêles depuis trois ans, s’en va de garage en garage, de concession en concession, là où l’on fait appel à son tour de main. Car Damien Legentil exerce, depuis 2011, une nouvelle profession, peu connue du grand public : « D débosseleur de carrosserie sans peinture. » Des impacts de grêlons sur le capot de votre voiture, une portière ou une aile froissée ? Pas de soucis, Damien y remédie avec délicatesse « grâce aux propriétés d’élasticité du métal et de la peinture ». Il redonne, de manière non agressive, sa forme initiale et son éclat à « l’épiderme » de l’automobile. Cela « peut éviter de gros frais ».

Au fil des épisodes de grêle

Il a acquis ce savoir-faire il y a une petite dizaine d’années. « Après un brevet de maîtrise en carrosserie peinture, à Coutances, j’ai suivi une formation spécifique à Bourges, dans le réseau Excelcar. » Pour qui il a ensuite œuvré à travers la France, avant de se mettre à son compte en 2011, à Avranches, et de s’installer dans la cité sourdine en 2014.

Au début, il partait plusieurs mois, au fil des épisodes de grêle frappant l’Hexagone. Mais cela se faisait « au détriment du développement de ma clientèle locale ». Aujourd’hui, il a réussi à constituer un réseau de fidèles dans le département.

Pour bien maîtriser cette technique, « il faut la pratiquer au quotidien, car chaque intervention est particulière. Et n’est jamais la même ». Elle diffère en fonction du métal (acier ou alu), du genre de déformation et de l’endroit où se situe la meurtrissure.

Comme une seringue

D’abord, le professionnel installe une lampe spéciale qui lui sert de guide, puis glisse ses tiges de métal derrière la bosse afin de procéder par « poussées et effets de levier ». Parfois, pour d’autres bobos, il applique de très petites ventouses, et à l’aide d’une « seringue », aspire le métal. Pas besoin de masticage, ni de repeindre. Quelques petits coups de massette et un lustrage suffisent.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, il intervient sur de grosses zones cabossées, qui, parfois, ne lui demandent pas plus de temps qu’une petite ecchymose « mal placée dans l’arête d’une portière, sur un contrefort ». Une fois l’intervention finie, on n’y voit que du feu.

Une profession peu courante, car ni les vendeurs de véhicules d’occasion ni les carrossiers ne vont pas embaucher et former un salarié à ce métier juste « pour quelques interventions quotidiennes dans leur atelier ». Pas assez rentable.

Pour eux, il est préférable de faire appel à un free-lance. D’ailleurs, « nous ne sommes pas plus de quatre dans la Manche ». Damien Legentil a pour nom d’enseigne, on l’aurait deviné, Car Impact Grêle… Cela va de soi!

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